
Emmanuelle Jeser
Comédienne, autrice, vidéaste, directrice de la compagnie La Tendresse.
CoMinistre en charge de rien pour l'instant mais je cherche.
Mon histoire
Emmanuelle Jeser explore dans ses créations les fondements de la prise de parole, le trouble comme déclencheur artistique, et l’inattendu comme révélateur – au plateau comme à l’écriture, devant une caméra ou face à un public. Sa recherche interroge les récits dominants à l’aune de la fragilité de la parole, sa justesse à soi, aux autres et à ce qui nous entoure, et sa puissance de transformation.
Elle dirige la compagnie de théâtre La compagnie de la tendresse qui développe une recherche artistique fondée sur deux axes :
1. Créer des pièces de théâtre simples, sobres et mobiles, au poids carbone le plus réduit possible, et qui s’appuie sur le théâtre mental des spectateur·rices, « le théâtre au-dedans de soi-même » ainsi que le disait Mallarmé.
2. Proposer au public une création qui offre la compagnie d’un rapport à l’opposé de toute dureté, soit, par définition, un rapport de tendresse. Cette recherche imagine, documente, performe, expérimente de l’écriture au plateau en quoi ce qui se laisse entamer, ce qui n’offre pas de résistance est peut-être en soi une autre forme de résistance, et en quoi cette « façon d’être et de faire » ouvre la possibilité d’autres futurs, d’autres créations et d’autres sociétés.
Initialement diplômée d’une école de commerce puis collaboratrice chez Ubisoft où elle a travaillé tant à la recherche de principes de jeu, au marketing qu’à la création sonore, elle se forme ensuite au jeu de l’acteur·ice et à l’écriture.
En tant que comédienne, elle s’est formée au Cours Simon, à l’École Jacques Lecoq, au Samovar, auprès de Jean-François Sivadier, Kaori Ito, Jean-Yves Ruf, et avec la compagnie La fabrique imaginaire.
Pour libérer son écriture, Emmanuelle s’est formée au Conservatoire Européen d’Écriture et grâce à l’accompagnement précieux de Camille Laura Villet (psychanalyste anthropologique et philosophe), et Vincent Dietschy (réalisateur et scénariste).
Sa première pièce de théâtre, « La délaissée deuxième » tourne en format lecture - performance en médiathèques en attendant sa production au théâtre en 2027.
Actuellement, elle travaille à l’écriture de sa deuxième pièce, « La parole de la nuit », une adaptation du « Journal d’une femme de chambre » d’Octave Mirabeau à 2030 et sur fond de révolte sociale et écologique. La pièce questionne dans un théâtre nos représentations sur ce qu’est une prise de parole en public.
En parallèle à sa carrière artistique, elle forme depuis plus de 20 ans à la prise de parole dans des contextes professionnels, institutionnels, associatifs ou militants. Elle accompagne chaque année environ 200 personnes – salarié·es, dirigeant·es, artistes, collaborateur·ices, chercheurs·euses d’emploi, étudiant·es… – à trouver une parole incarnée, singulière et vivante. Elle est également jury pour la certification nationale à la prise de parole.
Son approche, joyeuse et exigeante passe par la conscience du corps, la recherche du mot juste, de la relation à l’autre, et de l’émergence d’un moment de parole nouveau et fructueux pour toutes et tous. Elle cherche avec chaque participant·e cet instant où la parole se libère, quand elle retrouve sa vitalité propre : celle du corps, de la joie, du lien à l’autre et à son imaginaire. Cette attention irrigue aujourd’hui toutes ses créations.
Engagée écologiquement depuis toujours, elle anime des fresques du climat, lit et se documente sur tous les sujets liés à la crise climatique.
À l’Institut des Futurs Souhaitables en 2020, en tant qu’artiste associée, elle a poursuivi sa recherche autour de la parole en réalisant trois courts-métrages documentaires sur la parole dite « engagée », « positive » ou « écologique », en suivant six autres participants de la formation.
Très cinéphile, elle interroge également la politique de la mise en scène.
Elle aime le futur (qui en a peut-être autant besoin que le présent ?), la gentillesse, les créations où il lui arrive quelque chose, l’exigence, et faire des farces.